Méthodologies, outils et... contraintes !

Ce n'est jamais simple de commencer un projet comme celui qui nous occupe actuellement. D’autant plus que sur certains aspects — et malgré de nombreuses années de mûrissement de l'idée — on peut dire que l'on part de la feuille blanche !

Ce qui m'est apparu le plus structurant, lorsque j'ai commencé à réfléchir activement à ce projet, consistait à définir les méthodologies de travail et les outils associés. Pour tout vous dire, j'ai même d'abord pensé mettre en place des méthodologies que j'ai l'habitude d'utiliser dans mon cadre professionnel. Je sais que l'architecture d'entreprise n'est pas exactement la même discipline que la construction d'un voilier autonome, mais un projet reste un projet, me suis-je dit !
Dans ma boîte à outils et méthodologies, ce que j'affectionne particulièrement c'est la gestion des exigences (genre méthode Volere) et j'ai essayé de faire une adaptation de la méthode. Et bien oui, les stakeholders c'est nous, ça change un peu la donne quand même... Mais je me suis vite rendu compte que ça devenait un peu usine à gaz (hors tous les avantages que ça procure). Et pareil pour toutes les autres méthodes auxquelles j'ai pu penser !
En fait, la difficulté consiste à trouver un juste équilibre entre le besoin de rigueur et d'efficience d'un côté et l'envie de partager avec vous la conception et réalisation de l'autre... En restant lisible et compréhensible ! Il nous faut donc trouver un mode de fonctionnement qui nous permette d'avancer efficacement dans nos réflexions tout en documentant nos choix et leurs raisons.
Comme partager ce projet avec la communauté des gens intéressés par le sujet est une des raisons d'être d'Open-Sailor, ce site web a été mis en place. C'est ici que nous avons prévu de documenter ce que nous faisons. Aussi devons-nous considérer ce site comme l'outil de travail, de documentation, de partage et d'interaction unique du projet. À nous d'adapter nos modes de représentation... et nos outils pour que « ça colle ».

Alors, quand on ne sait pas de quelle façon entamer la résolution d'un problème, quelle meilleure méthode que de partir des contraintes déjà existantes pour construire « autour » ? Je ne vois pas et je décide donc partir de ce postulat.

Les contraintes que j'ai pu lister ne sont pas nombreuses, mais sont très impactantes.

La première contrainte est une contrainte d'organisation. Serge et moi habitons dans des lieux séparés de presque 700 km et nous devons imaginer et construire un objet unique. Il nous faut donc mettre en place une conception très modulaire. Cela nous permet de construire des sous-ensembles et réaliser des tests unitaires chacun de notre côté et de planifier en commun des périodes d'assemblage et de tests d'intégration. C'est déjà un petit peu ce que nous avons fait en répartissant les grands chantiers : d'un côté la conception et la construction du voilier en lui-même et de l'autre toute la partie liée à son automatisation...

La seconde contrainte est celle liée à la planification du développement du voilier. Nous avons décidé de le réaliser en deux grandes phases pour des raisons de praticité : une première phase qui consiste à réaliser un voilier capable de naviguer en mode « radiocommandée » et une seconde phase qui consiste à le rendre autonome et automatisé dans son fonctionnement. Tout cela prêche aussi pour une conception et une réalisation très modulaire. On va même dire presque plug'n play pour ne pas avoir à « reconcevoir » le voilier entre les deux phases.

Voici donc le choix le plus structurant que nous ayons fait jusqu'à maintenant. La modularité ! Open-Sailor ne sera qu'un ensemble de modules assemblables, testables unitairement... Un grand jeu de Lego en sommes. Et croyez-moi ou pas cela aura un impact très fort sur la suite...

1 comments

ben oui, l'éloignement, s'il se pose en générateur de contraintes permet aussi de définir des stratégies qui, en terme de conception, en plus d'être intéressantes, sont propices à une perpétuelle évolution; quand tout sera opérationnel, dans son coin, notre pierre pourra retravailler tel ou tel module... à moi aussi de développer une architecture "mécanique" open, malléable, évolutive; accès, fixations, chemins de câbles, connectiques, volumes.... il faut garder une grande liberté de modification sans être amené à retoucher la structure même du bateau. C'est à mon avis une des clés de la réussite.

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